Le fardier de Cugnot

Considéré comme la première automobile de l’histoire, le « chariot à feu » de Cugnot est le premier véritable et unique prototype de véhicule automobile capable de transporter son conducteur et une charge de l’histoire humaine, et c’est aussi la première machine à vapeur à rotation.

Deux machines seront construites; une première à échelle réduite, commandée en 1769 par le Duc de Choiseul, ministre de la guerre, donnera des résultats très concluants. De celle-ci il ne reste aucune trace.

Les dimensions du véhicule sont importantes : 7,32 m de long et 2,20 m de large. Les roues arrière font 1,23 m de diamètre. Il ne pèse pas moins de 2,8 tonnes à vide et environ 8 tonnes en charge : ancêtre, outre de l’automobile, de nos chars d’assaut modernes, le fardier est avant tout conçu pour le transport des canons. La célèbre « marmite », cuve à eau du système de propulsion, mesure près de 1,34 m de diamètre. La réalisation d’un tel projet nécessite des fonds considérables : il coûte environ 20 000 livres de l’époque. L’armée ne regarde donc pas sur les moyens : ce nouveau système de transport d’armes lourdes suscite un intérêt indéniable.

C’est grâce au soutien financier de Gribeauval et de Choiseul que le second fardier est construit après les essais du premier: il est alors fait appel à Brezin dès avril 1770 pour le lancement du « chantier » ; les pompes (cylindres et pistons) sont fabriquées à l’ Arsenal de Strasbourg. Rien n’est refusé au bon déroulement de ce projet d’avant-garde. Le «  Chariot à feu », est testé en 1770. Lancé du haut d’une côte afin de prendre de la vitesse, un dysfonctionnement des freins dû à la lourdeur du fardier va propulser le véhicule dans un mur ce qui l’endommage. Après sa réparation, le fardier est prêt en juin 1771.

Terminé et en état de marche, ce fardier est oublié pendant environ trente ans dans les ateliers de l’arsenal de Paris. Sauvé deux fois pendant la Révolution par L.N. Rolland, commissaire général de l’artillerie, il est installé au Musée des Arts et Métiers de Paris depuis 1800 et exposé dès 1801.

En 2010, un “Fardier de Cugnot” est reconstruit à l’identique par les étudiants de l’école des Arts et Métiers de ParisTech et la commune de Void-Vacon. Il est en parfait état de marche, ce qui démontre la validité du concept et la véracité des essais effectués en 1769.

 

 

 

 

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